L’une des grandes particularités de notre art martial est son adaptabilité à tous les âges, et l’adaptabilité des tranches d’âges entre elles.
Tour d’horizon des possibilités immenses offertes par l’Aïkido inter-générationnel.
Aïkido et ados : entrer dans le mouvement
L’Aïkido est une pratique non-compétitive entre les participant·es à un même cours. Nous envisageons la compétition comme une mise en perspective de chacun·e avec soi-même.
Le référentiel n’est pas la « performance », mais les enjeux personnels de chaque individu, des objectifs qui peuvent fortement varier d’une personne à l’autre.
Certain·es arrivent à l’Aïkido avec l’intention de « se mettre au sport », d’autre souhaitent « une pratique en souplesse », d’autres encore veulent « des bases de défense personnelle ». Pour les ados ou les jeunes adultes, le sujet de la confiance en soi (en solo ou au sein d’un groupe) est souvent évoquée.
Mais il y a aussi parfois, et tout simplement, la passion du Japon, l’attrait des arts martiaux, l’envie d’apprendre le maniement du Bokken (sabre en bois) et du Jo (baton symbolisant une lance japonaise).
Les points d’entrée sont variables, mais ont ceci en commun : offrir une accroche puissante dans le monde de la corporalité et du mouvement.
Pratique intergénérationnelle et temps familiaux
Il est rare de trouver une activité physique qui puisse être partagée par un adulte et un enfant sur un pied d’égalité. L’Aïkido fait partie de ces rares disciplines où chacun·e progresse sans être mis en compétition avec ses partenaires d’apprentissage.
Pratiquer en mélangeant les générations, c’est selon nous l’opportunité de s’adapter à des partenaires très différents : en termes de taille, de puissance, de poids, d’expérience, de modalités d’apprentissage…
Il est d’ailleurs possible de pratiquer avec son propre enfant dans le contexte de ces cours intergénérationnels. En plus des bénéfices que peuvent avoir adultes, enfants et ados à partager une pratique martiale, cela apporte quelque chose au lien familial.
C’est une manière de créer des moments de qualité à l’écart des enjeux du quotidien.
Sur le tatami, nous n’avons pas besoin de parler pour établir des bases de compréhension mutuelle. Ces temps partagés deviennent des repères dans la semaine, et parfois des souvenirs de vie puissants.
L’expérience bouscule aussi les rapports de force habituels. Le parent n’est plus systématiquement celui qui « sait » ou qui « corrige » : il ou elle apprend aussi.
L’enfant n’est pas forcément en position « inférieure » mais peut parfois avoir le rôle de celui·celle qui sait, ou qui a compris plus vite un mouvement, un déplacement, une manière de chuter…
On apprend à regarder l’autre sans s’arrêter à la différence d’âge ou à la place que l’on tient dans un arbre généalogique.
Enfin, sur un plan plus organisationnel, une pratique commune peut simplifier le quotidien familial. Si parent et enfant partagent la même activité un, deux ou même trois fois par semaine, on jongle moins entre les lieux et les moyens de transports disponibles. Également lors de stages en Alsace, ailleurs en France ou à l’étranger : ce sont des temps partagés autour d’une pratique commune dont chacun ramène son expérience, ses émotions et souvenirs propres.
Une pratique accessible dès 4 ans
Pour les parents d’enfants de moins de six ans, trouver une activité sportive dans la Vallée, (qui plus est sans liste d’attente) relève parfois du parcours du combattant.
C’est pourquoi nous avons fait le choix de proposer des cours spécialement pensés pour les tout-petits, sans sélection ni prérequis. Tous les enfants sont les bienvenus, dès lors qu’ils ont de l’enthousiasme à découvrir un univers de mouvements et d’histoires fantastiques.
Notre pédagogie pour cette tranche d’âge s’appuie sur l’utilisation du Kamishibai, petit théâtre d’images japonais.
Nous commençons régulièrement la séance par la mise en place d’une histoire, en lien avec les valeurs et les gestes de l’Aïkido. Ce support narratif capte l’attention des enfants et met en place un imaginaire sur lequel s’appuie le déroulement de la séance.
À travers les aventures de deux personnages – Daiki et Mitsuko – les enfants apprennent à se déplacer, tomber, se relever, coopérer.
Mais l’Aïkido cultive aussi l’art de l’attention (c’est une des raisons pour lesquelles on peut se permettre d’intégrer des jeunes à des cours adultes).
Les enfants apprennent comment :
- s’asseoir en seiza (posture assise traditionnelle au Japon, utilisée à l’Aïkido pendant les temps d’observation)
- saluer l’enseignant·e (ou sensei), le groupe et les partenaires
- différencier les moments de jeu et les moments de calme.
Pas de compétition, pas de pression du résultat.
Chacun·e trouve sa place dans le groupe, sans exclusion ni comparaison.
Quand les plus jeunes s’invitent au cours adulte.
La coutume au sein du dojo d’Aïkido de la Vallée de Munster, Querencia Aïkido, est d’accueillir les enfants au sein des cours adultes, s’ils ont envie d’y participer. Pour un enfant motivé, c’est une opportunité de progresser plus vite et en profitant de l’énergie et du focus du groupe adultes.
Cette intégration des jeunes se fait au cas par cas, à partir du moment où la concentration pendant un cours d’une heure n’est plus un problème et où le niveau de chute est suffisant.
D’après notre expérience, cela fonctionne bien à partir de neuf ans… mais ce n’est pas une règle absolue.
Il y a un cas précis dans lequel les tout-petits peuvent participer à nos cours pour adultes : lorsqu’ils ou elles accompagnent leur maman ou papa qui pratique l’Aïkido.
C’est une souplesse d’organisation familiale qui permet à l’adulte concerné de venir à l’entraînement, même sans avoir de solution de garde sur le créneau envisagé.
Les petits peuvent alors participer au cours adulte sans que l’on place d’exigence soutenue sur leur degré d’attention… ou simplement jouer sur le bord du tatami. Leur présence apportant un petit supplément de joie et d’enthousiasme au groupe, ils sont accueillis avec plaisir.